Huile de palme : le mal incarné ?

Depuis quelques années, les médias nous rabâchent que l’huile de palme est un véritable fléau pour notre santé. Un projet de loi récent proposait même de taxer à 300% ce produit incontournable de notre consommation. Si le projet a été rejeté, le débat est loin d’être clos pour autant. Alors pourquoi l’huile de palme suscite-t-elle une telle frénésie ?

Un produit aux précieux avantages

Petit rappel historique : l’huile de palme n’est pas une invention récente, elle existe depuis plusieurs millénaires.

 On la trouve à l’intérieur des fruits du palmier à huile.

Sa production et son utilisation ont littéralement explosé puisqu’on la retrouve dans l’industrie pharmacologique, cosmétique, à la base de carburants et, bien sûr, dans nos assiettes. C’est même l’huile végétale la plus consommée au monde (25% de la consommation mondiale). L’explication est simple : cette huile présente un double avantage :

  • elle est très économique car son coût de production est faible et son rendement à l’hectare plus qu’avantageux
  • elle permet de mieux conserver les aliments et leur donne une texture onctueuse

Voilà pourquoi on la préfère souvent au beurre pour la conception des biscuits, pâtisseries mais aussi chips, céréales, plats cuisinés, pâtes à tartiner…

Soit, l’huile de palme est partout, mais alors quel est le problème ?

Un risque de plus dans notre alimentation

Mais l’huile de palme est également connue pour sa haute teneur en acides gras saturés, bien connus pour favoriser les troubles cardio-vasculaires, le mauvais cholestérol et certains cancers, rien que ça !

La polémique ne s’arrête pas là puisque ce que dénoncent beaucoup d’associations de consommateurs est l’étiquetage des produits à base d’huile de palme. En effet, la réglementation n’oblige pas les marques à faire apparaître la mention « huile de palme » sur les emballages alimentaires.

Car le problème causé par l’huile de palme n’est pas seulement médical, il est aussi et surtout environnemental.

Lorsque vous examinez la composition des aliments que vous achetez en supermarché, méfiez-vous de la mention « huile végétale » qui peut en réalité masquer la présence d’huile de palme.

En guise de réaction à la controverse, le projet intitulé « taxe nutella » proposait de taxer à 300% l’huile de palme. La célèbre pâte à tartiner de Ferrero contient en effet 20% d’huile de palme ! Le projet de loi a été rejeté mais cet épisode a au moins eu le mérite de déstabiliser la marque italienne, qui s’est engagée à utiliser dorénavant uniquement de l’huile de palme certifiée « durable ».

Le danger est avant tout écologique

Plus haut, j’évoquais l’explosion de la consommation d’huile de palme. La forte demande a provoqué en quelques années une augmentation de la production d’huile qui a lieu principalement en Malaisie et Indonésie.

Dans ces pays, les palmeraies industrielles ont remplacé la forêt tropicale, provoquant un bouleversement brutal pour le paysage local et mettant en péril la biodiversité. Les répercussions sont nombreuses pour l’écosystème : extinction progressive des orangs outangs, pollution de l’air et de l’eau.

De plus, les ouvriers travaillant dans les plantations sont, en majorité, payés moins que le salaire minimum.

Face à cette situation, les réactions fusent. Une certification « huile de palme durable » a vu le jour en 2005. Elle est attribuée lorsque l’huile de palme a été produite dans une plantation respectueuse des conditions de travail, des lois et ne contribuant pas à la déforestation.

De plus en plus, les grands groupes industriels s’engagent à utiliser exclusivement une huile de palme durable.

Santé : danger ou exagération ?

Les nutritionnistes ont tendance à relativiser le danger de l’huile de palme pour la santé. Certes, il faut être vigilant avec l’huile de palme mais il faut faire attention aux acides gras saturés en général.

Le danger n’est pas la consommation de cette huile mais la surconsommation.

Comme pour tout, c’est l’abus qui est dangereux pour la santé. Ainsi, il suffit de varier son alimentation pour se préserver des dangers de celle-ci.

Il existe de nombreuses variétés d’huiles végétales, songez à varier entre huile de tournesol, colza, soja, noix et olive. Chacune a ses avantages et ses inconvénients, ses propriétés gustatives et diététiques.

Les nutritionnistes insistent sur la nécessité d’éduquer les consommateurs à varier leur alimentation et faire attention à la composition de ce qu’ils achètent.

En fin de compte, pensez simplement à vérifier les étiquettes et préférez un produit indiquant une huile de palme certifiée « durable ».

La polémique autour des dangers de l’huile de palme est surtout française. Mais l’huile de palme suscite un réel problème, qui est cette fois international. Celui de la cohabitation entre le commerce industrialisé d’une matière première et la préservation du patrimoine naturel local.

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