Pourquoi les soldats américains sont responsables de votre addiction au tabac ?

Ça commence toujours de la même manière : d’abord la première cigarette puis une seconde puis on ne compte plus les cigarettes « taxées » occasionnellement mais à fréquence de plus en plus régulière. Et pour arrêter de « taxer » autour de soi on finit par acheter son premier paquet. Avant même de vous en rendre compte, vous êtes accroc. Et les soldats dans tout ça ?

La première rencontre avec le tabac

Les débuts avec la cigarette remontent pour beaucoup à l’adolescence et rappellent les bancs du collège ou du lycée. La toute première – celle pour « essayer » – est souvent offerte par un ami fumeur. Car ce qui pousse à commencer c’est bien souvent la curiosité de gouter à cet étrange habitude qui fait le quotidien de notre entourage, que ce soit un ami ou plusieurs, des parents, frères et sœurs…

Petit à petit, ce nouveau besoin, bien qu’artificiel, fait sa place dans le quotidien : après un repas, avec un café, lorsqu’on attend, en regardant la télé… etc.

On ressent brusquement la volonté, souvent inconsciente, de les imiter. La cigarette facilite les relations sociales, donne un sentiment d’appartenance, la sensation d’être « adulte » mais peut aussi être vue comme une provocation à l’autorité parentale.

La cigarette devient un moyen rapide de s’évader, d’accéder à des sensations inconnues ou de tromper l’ennui. Ces raisons correspondent davantage aux hommes tandis que les femmes commencent à fumer plus pour apaiser leurs tensions ou évacuer une souffrance.

Dans une période comme l’adolescence, où l’on est particulièrement vulnérable psychologiquement, la cigarette devient un recours au stress et aux moments de déprime.

En règle générale, plus on commence à fumer tôt, plus le risque de dépendance est fort.

NB : 80% des fumeurs reconnaissent avoir commencé avant leurs 18 ans.

Comment devient-on accroc ?

Dans la première étape de la dépendance au tabac, chaque cigarette est appréciée et contribue à créer un mécanisme d’habitude. Petit à petit ces gestes habituels renforcent la confiance en soi et deviennent alors de moins en moins maitrisables.

L’addiction physique à la nicotine est très forte. Elle est renforcée par les habitudes mais aussi par la pression sociale : une fois qu’on est fumeur on se sent doté d’un statut social en tant que tel qui pousse à continuer par souci de cohérence vis-à-vis des autres.

On dit que chaque cigarette en appelle une autre. Une des étapes clés de l’addiction et l’augmentation progressive de la consommation.

En fait, pour mieux comprendre la frénésie des fumeurs, il faut savoir que dès que la quantité de nicotine dans le sang diminue, la sensation de manque se fait ressentir. Le fumeur a besoin d’une cigarette pour le soulager. Il pioche alors dans son paquet, et enflamme le petit tube de tabac. En moins de 8 secondes, la nicotine exprime ses effets qui dureront entre 20 et 45 minutes.

Chez l’individu accroc, le manque de nicotine provoque énervement, stress, besoin de manger… Fumer est alors indispensable pour la réalisation d’activités banales du quotidien. Le consommateur voit la cigarette comme une source de plaisir, de détente et de stimulation intellectuelle.

NB : L’Assurance Maladie vous aide à arrêter la cigarette

Les soldats américains responsables de votre addiction ?

L’expansion de la cigarette en Europe coïncide avec les années 1940-1950. Alors que le tabac était consommé en Europe mais plutôt réservé à l’élite masculine, il était dans le même temps extrêmement populaire outre-Atlantique où les marques historiques connaissaient leur essor à l’instar de Marlboro, Lucky Strike ou Phillip Morris.

La cigarette s’installe dans les habitudes de consommation et s’étend à toutes les classes de la société, y compris aux femmes.

Au même titre que leurs rations de nourritures, les soldats américains partis sur le front européen lors de la seconde guerre mondiale recevaient des cigarettes blondes et des chewing-gums afin de tenir le coup. Débordant des poches des GI’s ces deux produits vont alors se répandre à la vitesse de l’éclair dans une France libérée et vénérant la toute-puissance américaine.

Ironie du sort, aujourd’hui aux Etats-Unis 20% des adultes fument, mais le chiffre est en constante diminution.

Pendant ce temps, en France, la proportion des fumeurs est plutôt de l’ordre des 30% pour les 15-85 ans. Le nombre total de fumeurs n’a pas beaucoup augmenté ces derniers temps par contre celui des fumeurs de longue durée augmente d’année en année.

Le cycle de l’addiction au tabac comprend aussi, comme l’indique beaucoup de professionnels, une phase de déclic, où la lassitude prend le pas sur le plaisir. C’est le moment de tout faire pour arrêter. La solution est peut-être de se remettre en question et d’essayer de comprendre pourquoi se défaire du tabac est si difficile.

Un indice ? C’est peut-être simplement le principe d’arrêter – soit « renoncer » – qui effraie les fumeurs et les pousse à continuer de fumer. La peur du changement conduit à la solution de facilité : ne rien faire.

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2 commentaires

  • N’empêche, les blondes c’est pour les petits joueurs, rien ne vaut une bonne brune gauloise kaporal, à l’européenne quoi (mieux que ça : à la française) et pour les fumer celles-là nos ancêtres n’ont pas attendu les ricains…

    Article sympathique quand même, mais une question me trotte dans la tête : pourquoi diable arrêter de fumer ? Si on ne meurt pas de ça alors on crèvera d’autres choses. Autant savoir vers quelle mort atroce on se dirige, non ?

    Un Kangourou qui s’adresse à une souris…

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